Quels seront les 9 grands sujets pour le secteur bancaire en 2017 ?

Note : Ce post a été initialement publié sur Linkedin. Cette version intègre les suggestions faites en commentaire, merci encore aux contributeurs.

La prospective est toujours un exercice difficile et je ne sortirai pas ma boule de cristal, d’autres le font très bien avec des scénarios chocs. En revanche, il est tout de même possible d’identifier quelques sujets chauds à suivre de prêt l’année en 2017.

1) L’arrivée de Donald Trump au pouvoir avec un possible assouplissement de la réglementation pour les banques. Ceci créera des opportunités pour le secteur financier avec des arbitrages réglementaires entre les Etats-Unis et le reste du monde.

2) La mise en oeuvre concrète du Brexit avec un possible rapatriement d’activités sur le continent (clearing, Asset Management, CIB). L’ensemble des établissements ayant des activités internationales basées au Royaume-Uni devront réfléchir à la pérennité de leur implantation locale si l’accès au Marché Unique était menacé.

3) La préparation de MiFID II, PRIIPs et IDD vont également être des sujets majeurs à traiter en 2017. L’incertitude réglementaire demeure forte avec la revue des standards techniques PRIIPs au point mort, l’absence de textes de niveau 2 pour IDD et de nombreuses questions en suspens pour MiFID II. Les conséquences pour la distribution d’instruments financiers pourraient être plus lourdes qu’anticipées au final. Il semble en revanche un peu tôt encore pour lancer les travaux de mise en conformité à Bâle 3, même si ce texte risque de remettre en question le modèle européen de financement de l’économie par les banques.

4) La Banque Mobile sera un thème majeur avec le lancement d’Orange Bank en France, la croissance forte de Number26. De même, l’idée de banques se transformant en plateformes ouvertes va certainement revenir en force et influencer la stratégie digitale des grands acteurs bancaires en prévision de la mise en oeuvre de la Directive PSD 2.

5) Le développement de l’IA et des chatbots sera également un des gros axes de travail des banques pour simplifier, fluidifier et humaniser l’expérience utilisateur. Plus globalement, les chatbots devraient fleurir en 2017 sur les messageries (Facebook Messenger, Kik…) ce qui va ouvrir des possibilités intéressantes pour les banques. Mais au-delà des chabots, les banques vont certainement développer des outils reposant sur la Robotic Process Automation ou l’IA pour fluidifier la gestion des opérations ou améliorer le conseil aux clients. A ce titre, le développement d’outils de robo-advice au sein des réseaux serait une évolution logique. En revanche, les robo-advisors indépendants et non adossés à un réseau auront beaucoup de mal à acquérir la taille critique sur ce marché.

6) Le grand ménage au niveau des Fintechs devrait commencer dès 2017. Les difficultés de Morning sont un signe avant-coureur. Trop d’acteurs sont trop petits et sans perspectives de croissance suffisantes pour justifier de nouvelles levées de fonds. On peut s’attendre à une consolidation et à des opportunités de rachats pour les acteurs bancaires « classiques » notamment dans le secteur des paiements et des robo-advisors.

7) L’efficacité opérationnelle restera un sujet majeur après les plans de réduction de coûts drastiques annoncés en 2016 par certains acteurs comme ING ou UniCredit. Au-delà des plans de licenciement, les réflexions autour de l’externalisation de fonctions ou du recentrage autour des clients clés vont se poursuivre en 2017 pour réduire la base de coûts des établissements financiers. Mais est-ce la bonne stratégie à mener notamment pour les CIB sans croissance de l’activité en parallèle ?

8) La croissance externe devrait également être un sujet important en 2017. Il ne faut pas forcément attendre d’acquisitions stratégiques transfrontalières, trop compliquées à mettre en oeuvre. En revanche, les revues d’activités en cours chez de nombreux acteurs devraient offrir des opportunités de croissance ciblées pour consolider des positions sur certaines activités ou certains marchés.

9) Le développement d’activités et de classes d’actifs alternatives devrait se poursuivre en 2017. Dans une environnement de taux encore bas, les investisseurs recherchent de nouvelles solutions d’investissement offrant une diversification de leurs actifs, des rendements plus élevés ou tout simplement un supplément de sens. Ainsi, les activités de Peer to Peer lending poursuivront leur développement en rapprochant leur modèle de celui des banques.

Si vous avez en tête d’autres sujets chauds pour 2017, n’hésitez pas à lancer la discussion en commentaires.

PS : non, la Blockchain ne figure pas dans les sujets clés pour 2017. De nombreux tests sont mené par les établissements financiers ou les banques centrales mais les usages, le cadre réglementaire et l’envie de coopérer entre concurrents ne sont pas encore là. Néanmoins, cette technologie a bien entendu le potentiel de transformer en profondeur la finance… à moyen terme 🙂