Fintech et acteurs traditionnels de la gestion de fortune : en avant vers la « Fintégration »

Dans le précédent article intitulé « Mi-Homme Mi-Robo : la nouvelle expérience client ! » , nous avions souligné l’importance d’adopter une approche mixte associant conseil robot et conseil humain afin d’aller capter une clientèle souvent mal voire non servie par les acteurs traditionnels.

Comment interagissent aujourd’hui ces deux typologies d’acteur ?

Commençons peut être par une histoire, celle de la Cambridge Savings Bank, une institution vénérable qui du haut de ses 182 ans d’existence sert une clientèle retail et professionnel dans la région de Boston.

Afin de mieux répondre à la demande d’une clientèle jeune, épargnante (Harvard n’est pas loin), la banque a cherché, dans un premier temps,  à monter une cellule d’advisory sur un schéma « traditionnel » c’est-à-dire avec des conseillers en face à face.

Mais l’option finalement retenue par la banque, après étude fit date et est dorénavant symptomatique des relations fintechs/banques. Plutôt que d’embaucher une cohorte de conseillers, elle décida de contracter un partenariat avec SigFig Wealth Management, une startup robo localisée en Californie (UBS lui emboitera le pas quelques mois plus tard).

A la genèse de ce nouveau paradigme, on retrouve un constat et un momentum.

Le constat, c’est celui posé par Yolande Piazza, COO de Citi FinTech à savoir que: « Big banks have established customer relationships and risk management expertise that many startups lack, while many fintechs have developed simplified experiences that reduce customer pain points”. Là où les fintechs proposent nativement des parcours et des expériences client simplifiés, digital responsive, les banques se sont plus fréquemment reposées sur un savoir-faire inhérent à de longues années d’exercice.

Cette « fintégration » est en ce sens un formidable axe d’accélération pour l’ensemble des acteurs afin de mieux servir le client, c’est à dire plus efficacement, par rapport à ses besoins et objectifs, et plus rapidement, en lui offrant le choix de la multi-canalité.

Le momentum est lui aussi un des éléments clefs qui justifie ce mouvement. En effet alors que milieu bancaire a pu traverser depuis quelques années une phase d’érosion des marges, accompagnée de restructuration des activités autour de deux leitmotiv « réduction des coûts » et « efficience opérationnelle », la donne change progressivement. C’est là où la rencontre avec les fintechs s’opère ; des fintechs qui en tant que start-up sont en manque de financement mais apporteur d’idées nouvelles. Le montant des opérations de capital risque sur fintechs du milieu bancaire (toutes activités confondues) est ainsi passé de 4, 05 milliards en 2013 à 12,2 milliards en 2014. Ces investissements peuvent prendre plusieurs formes, du partnership (UBS avec SigFig) à l’intégration complète (Goldman avec Honest Dollar ou BlackRock avec Future Advisor).

Pour continuer à approfondir ce sujet, le prochain article de la série sera l’occasion de vous faire partager la vision de Jean-Paul Raymond, co-fondateur et directeur de la recherche et du développement de Quantalys, qui propose une solution de type robo-advisor.